
Émile Jacotey
La grande réussite de ce quatrième album est d’avoir su allier deux courants culturels majeurs des années 1970 hexagonales : l’engouement pour le rock progressif et ce que l’on a appelé le régionalisme, né de mai 68 et d’une défiance envers l’hypercentralisation du pays. Ici, cependant, pas de mouvement de libération de la Haute-Saône comme en Bretagne mais un intérêt sincère pour une « espèce » alors déjà en voie de disparition : le paysan, jamais sorti de son village mais porteur d’une tradition et d’un mode de vie « authentique » qui rejoint certaines aspirations des « hippies ».
Il s’incarne ici dans Émile Jacotey, véritable maréchal-ferrant du village de Saulnot dont on entend la voix à plusieurs reprises. Musicalement, Ange reste dans les traces des disques précédents mais on peut déceler ici un surcroît de sincérité, la formation n’ayant jamais renié ses origines néo-rurales.

