Comment trier ses vinyles ? Les meilleures méthodes pour organiser sa collection

Comment trier ses vinyles ? Les meilleures méthodes pour organiser sa collection

Au début, la question ne se pose pas vraiment. Avec une dizaine ou une vingtaine de disques, on sait généralement où se trouve chaque album. Puis la collection grandit, les étagères se remplissent et chercher un vinyle précis commence à demander un peu plus de temps que prévu.

C’est souvent à ce moment-là qu’arrive la grande question : comment trier ses vinyles ?

Ordre alphabétique, genres musicaux, années, labels, ordre d’achat… Il existe presque autant de systèmes de classement que de collectionneurs. Certains cherchent avant tout l’efficacité, d’autres veulent pouvoir parcourir leur discothèque comme les bacs d’un disquaire. Et puis il y a ceux qui connaissent parfaitement leur propre système, même s’il semble totalement incompréhensible aux autres.

La meilleure méthode dépend donc moins d’une règle universelle que de la façon dont vous utilisez votre collection. Voici les principaux systèmes de classement, leurs avantages, leurs limites et quelques conseils pour construire une organisation qui fonctionne réellement sur la durée.

1. L’ordre alphabétique : le plus simple pour retrouver ses disques

C’est le grand classique et probablement la méthode la plus efficace lorsque la collection commence à devenir importante.

Le principe est simple : les vinyles sont rangés de A à Z selon le nom de l’artiste ou du groupe. À l’intérieur d’un même artiste, les albums peuvent ensuite être classés par ordre chronologique.

Une discographie de David Bowie, par exemple, sera regroupée au même endroit, puis organisée de ses premiers albums jusqu’aux plus récents.

Pourquoi ça fonctionne ?

Parce que cette méthode ne demande quasiment aucune réflexion lorsque vous cherchez un disque. Vous connaissez l’artiste, vous connaissez la lettre, vous savez où regarder.

Elle présente également un autre avantage : ajouter un nouveau vinyle est très simple. Pas besoin de se demander s’il appartient davantage au rock alternatif, au post-punk ou à la new wave avant de lui trouver une place.

Mais l’ordre alphabétique soulève quelques petits débats.

David Bowie doit-il être rangé à D pour David ou à B pour Bowie ? The Beatles sont-ils à T ou à B ? Et que faire d’un album réunissant plusieurs artistes ?

Il n’existe pas de police internationale du rangement de vinyles. Vous pouvez adopter la logique des bibliothèques et disquaires en privilégiant le nom de famille et en ignorant les articles comme “The”, ou simplement utiliser la règle qui vous semble la plus naturelle.

L’important est surtout de ne pas changer de logique au milieu de la collection.

Idéal pour :

  • les collections importantes ;

  • ceux qui recherchent souvent un album précis ;

  • ceux qui veulent un système simple à maintenir.

2. Le classement par genre : pour choisir un disque selon son humeur

C’est probablement la méthode qui se rapproche le plus de l’expérience d’un disquaire.

Rock d’un côté, jazz de l’autre, puis rap, soul, funk, électro, reggae… On ne cherche plus nécessairement un artiste précis : on commence par choisir un univers musical.

C’est particulièrement agréable lorsqu’on aime parcourir ses disques avant de décider quoi écouter.

Le classement peut ensuite être affiné. Une section rock importante peut par exemple être divisée entre punk, rock progressif, metal ou rock indépendant. À l’intérieur de chaque catégorie, les artistes peuvent être rangés par ordre alphabétique.

On obtient alors un système hybride :

genre → artiste → chronologie des albums.

Pour une grande collection, c’est souvent l’un des systèmes les plus agréables à utiliser.

Le problème : où s'arrête un genre ?

C’est également là que les choses se compliquent.

Où ranger un groupe dont la discographie traverse plusieurs styles ? Un album peut-il être considéré comme soul alors que l’artiste est généralement classé en R&B ? Et que faire d’un disque qui mélange jazz, funk et électronique ?

Plus on crée de sous-genres, plus le système devient précis… mais plus il devient difficile à maintenir.

Une bonne solution consiste à ne pas chercher une classification musicale parfaite. Rangez simplement l’artiste là où vous penseriez spontanément à le chercher.

Votre collection n’est pas une base de données.

Idéal pour :

  • les collections très éclectiques ;

  • ceux qui aiment “fouiller” dans leurs propres disques ;

  • les personnes qui choisissent leur musique selon une ambiance.

3. Trier ses vinyles par ordre chronologique : parcourir l’histoire de la musique

Autre possibilité : oublier les artistes et organiser les disques selon leur date de sortie.

On peut commencer simplement par décennie :

années 50 → années 60 → années 70 → années 80 → années 90 → années 2000…

Puis, pour les plus méthodiques, affiner le classement par année.

Cette organisation est particulièrement intéressante pour les passionnés d’histoire de la musique. Une étagère consacrée à 1977 peut par exemple faire cohabiter des albums punk, disco, rock ou funk sortis au même moment.

Le rangement devient alors presque une chronologie physique de la musique.

Il permet aussi d’observer quelque chose que l’on remarque moins avec un classement alphabétique : l’évolution de l’objet vinyle lui-même. Les styles graphiques, les techniques d’impression, les formats de pochettes ou encore les choix typographiques changent considérablement d’une époque à l’autre.

En revanche, ce système devient moins pratique lorsqu’on cherche simplement “le disque de tel artiste”. Il faut alors connaître approximativement sa date de sortie.

Idéal pour :

  • les passionnés d’histoire musicale ;

  • les collections centrées sur une période ;

  • ceux qui aiment considérer les pochettes comme des objets graphiques.

4. Classer ses vinyles par label : la méthode des collectionneurs

Blue Note, Motown, Factory Records, Stax, 4AD, ECM…

Certains labels ont construit des catalogues tellement identifiables qu’ils constituent à eux seuls un univers de collection.

Pour quelqu’un qui recherche spécifiquement certains pressages ou qui s’intéresse à l’histoire des maisons de disques, le classement par label peut avoir beaucoup de sens.

Il permet notamment de mettre en évidence la cohérence d’un catalogue. Chez certains labels, les choix artistiques, la production musicale et même le graphisme des pochettes créent une véritable identité.

Le cas de Factory Records est particulièrement parlant : impossible de dissocier complètement la musique de Joy Division ou New Order du travail graphique réalisé autour du label, notamment par Peter Saville.

Même logique pour Blue Note et les photographies de Francis Wolff associées aux créations graphiques de Reid Miles : aligner plusieurs références du label permet presque de constituer une collection graphique à l’intérieur de la collection musicale.

Le classement par label devient en revanche beaucoup moins pratique lorsque la majorité des maisons de disques ne sont représentées que par un ou deux albums.

Il fonctionne donc surtout pour des collections spécialisées ou certaines sections de la discothèque.

5. Classer les vinyles par artiste puis par date : le meilleur compromis ?

Pour beaucoup de collectionneurs, c’est probablement le système le plus équilibré.

Premier niveau : ordre alphabétique des artistes.

Deuxième niveau : ordre chronologique des albums pour chaque artiste.

Vous retrouvez immédiatement l’artiste recherché tout en conservant la logique de sa discographie.

Prenons un artiste dont vous possédez huit albums. Plutôt que de les ranger eux-mêmes alphabétiquement par titre, les placer dans leur ordre de sortie permet de suivre naturellement l’évolution de son travail.

C’est un détail lorsque l’on possède 30 vinyles. Avec plusieurs centaines de références, ce genre de règle commence réellement à faire la différence.

6. Et les compilations, bandes originales et albums multi-artistes ?

C’est généralement ici que les systèmes parfaitement organisés commencent à souffrir.

Une bande originale comportant quinze artistes différents ne peut évidemment pas être rangée quinze fois.

Le plus simple consiste à créer quelques catégories indépendantes.

Par exemple :

  • bandes originales ;

  • compilations ;

  • musique classique ;

  • maxis ;

  • 45 tours ;

  • DJ sets ou compilations de labels.

Les bandes originales peuvent ensuite être classées selon le titre du film, tandis que les compilations peuvent être organisées alphabétiquement.

L’objectif n’est pas de multiplier les catégories mais justement de résoudre les quelques cas qui ne rentrent pas naturellement dans votre classement principal.

7. Faut-il séparer les 33 tours, 45 tours et maxis ?

Lorsque l’on possède plusieurs formats, les séparer est souvent plus pratique.

D’abord pour une raison très simple : ils n’ont pas les mêmes dimensions.

Les 45 tours peuvent rapidement devenir difficiles à repérer au milieu de pochettes de 33 tours. Leur consacrer un bac ou une zone spécifique permet de les parcourir beaucoup plus facilement.

Même chose pour une importante collection de maxis, notamment pour les amateurs de musique électronique, hip-hop ou DJing.

À l’intérieur de chaque format, rien n’empêche ensuite d’utiliser exactement le même système : artiste, genre, label ou année.

8. Les catégories personnelles sont parfois les plus utiles

Toutes les sections d’une collection n’ont pas besoin de répondre à des règles bibliographiques.

On peut parfaitement conserver une petite sélection :

“À écouter”

pour les disques récemment achetés que l’on n’a pas encore pris le temps de découvrir.

Ou :

“Rotation du moment”

pour les albums qui reviennent régulièrement sur la platine.

On peut également isoler temporairement les disques qui nécessitent un nettoyage ou dont la pochette doit être protégée.

Ces catégories rendent la collection plus vivante. Les vinyles ne sont pas simplement archivés : ils continuent de circuler entre l’étagère et la platine.

9. Le classement par couleur : joli, mais pas forcément pratique

Impossible de parler d’organisation de vinyles sans évoquer les bibliothèques classées par couleur que l’on voit régulièrement sur les réseaux sociaux.

Visuellement, difficile de nier que cela peut être très réussi. Les pochettes de disques offrent suffisamment de variété pour créer de véritables dégradés.

Mais pour retrouver un album ?

Il faut se souvenir que la pochette était “plutôt orange avec un peu de rouge”.

Pour une petite collection exposée principalement comme élément de décoration, pourquoi pas. Pour plusieurs centaines de disques régulièrement écoutés, le système montre assez vite ses limites.

À moins, évidemment, d’avoir une mémoire visuelle exceptionnelle.

10. Organiser physiquement sa collection

Trier ses vinyles ne consiste pas seulement à décider dans quel ordre les placer. Il faut également penser à leur rangement.

Les disques doivent être stockés verticalement, comme des livres, plutôt qu’empilés les uns sur les autres pendant de longues périodes.

Attention cependant à ne pas remplir les étagères au maximum. Si chaque disque doit être arraché à la bibliothèque à deux mains, il est probablement temps de libérer un peu d’espace.

Une petite marge permet de sortir et ranger les pochettes sans les abîmer par frottement.

La collection doit également être éloignée autant que possible :

  • des sources de chaleur ;

  • de l’humidité ;

  • du soleil direct ;

  • des variations importantes de température.

Le vinyle peut se déformer sous l’effet d’une chaleur excessive, tandis que les pochettes vieillissent beaucoup plus rapidement lorsqu’elles sont exposées en permanence à la lumière.

11. Comment retrouver ses vinyles lorsqu’on en possède plusieurs centaines ?

À partir d’une certaine taille de collection, le rangement physique peut être complété par un catalogue numérique.

Des plateformes spécialisées comme Discogs permettent notamment d’enregistrer sa collection et de distinguer les différentes éditions d’un même album.

Et cette précision peut devenir importante.

Deux exemplaires de The Dark Side of the Moon ne sont pas nécessairement les mêmes : année, pays, label, numéro de catalogue, matrice ou réédition peuvent différer.

Cataloguer sa collection permet donc de savoir précisément ce que l’on possède, mais aussi d’éviter un grand classique du collectionneur : racheter un disque que l’on avait déjà oublié avoir.

Pour une collection importante, on peut même ajouter des informations personnelles : état, date d’achat, prix payé ou emplacement.

12. Quelle méthode choisir selon la taille de sa collection ?

Pour moins de 50 vinyles, inutile de construire un système complexe. L’ordre alphabétique ou même un rangement assez libre reste parfaitement gérable.

Entre 50 et 200 vinyles, commencer à définir quelques règles devient intéressant. L’ordre alphabétique par artiste est généralement suffisant.

Avec plusieurs centaines de vinyles, un classement hybride devient beaucoup plus pertinent : genres ou grandes catégories, puis artistes par ordre alphabétique et albums par ordre chronologique.

Enfin, pour les collections très importantes, associer rangement physique et catalogue numérique permet d’éviter que la discothèque ne devienne progressivement impossible à parcourir.

Le meilleur classement est celui auquel vous n'avez plus besoin de réfléchir

Il n’existe finalement pas de méthode parfaite pour trier une collection de vinyles.

Un collectionneur de jazz recherchant des pressages Blue Note n’aura pas les mêmes besoins qu’une personne possédant 80 albums de styles différents. Un DJ ne rangera probablement pas ses disques comme quelqu’un qui collectionne principalement les pochettes ou les éditions limitées.

Le meilleur test est finalement très simple : lorsque vous pensez à un album, où votre cerveau vous dit-il spontanément d’aller le chercher ?

Si la réponse correspond presque toujours à l’endroit où il se trouve, votre système fonctionne.

Et si vous passez dix minutes à chercher un disque que vous étiez pourtant certain de posséder… il est peut-être temps de refaire les étagères.

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